This Band is Outstanding !

This Band is Outstanding !
La disparition de Luther Vandross nous force à relativiser à nous contenter des légendes de la black music qui nous restent. L'une d'entre elles, Charlie Wilson, figure emblématique du groupe de funk Gap Band, après un feat. remarqué sur le très réussi "Signs" de Snoop Dogg avec Justin Timberlake, nous revient avec un nouvel album solo "Charlie, Last Name Wilson", dont le 1er single (qui porte le même nom que l'album) est une brillante production de R. Kelly.

En attendant la sortie de l'album, petite rétrospective sur The Gap Band :

Nés et élevés à Tulsa, en Oklahoma, les frères Wilson commencent à chanter et jouer dans l'église de leur père. Le plus vieux d'entre eux est Ronnie. Il crée son propre groupe à l'âge de 14 ans. Charlie, plus jeune de quelques années, crée un groupe concurrent quelques années plus tard. Une soirée, les 2 groupes se sont produit en même temps à deux adresses différentes... quelle fraternité !
Constatant le talent de pianiste de Charlie, Ronnie va lui proposer de rejoindre son groupe pour 50$. C'est ainsi que Charlie va rejoindre le groupe de son frère.

Va rejoindre le groupe un bassiste de 14 ans, dénommé Robert. Pendant quelque temps, le groupe se produit sans nom. Ils vont choisir alors le nom de "Greenwood, Archer and Pine Streets Band". Mais comme ce nom était trop long pour l'afficher sur des posters publicitaires, ils vont écourter le nom pour l'appeler "G.A.P Street Band". Mais à cause d'une faute de frappe, c'est le nom de "G.A.P Band" qui va apparaître sur les affiches, et ce nom là va involontairement devenir définitif.

Le groupe joue dans des clubs de rock, de country et même dans des terrains de tennis !
Mais au milieu des années 70, Charlie s'intéresse à Los Angeles et quitte Tulsa pour s'y installer. Un peu plus tard, il réussit à convaincre ses frères de le suivre.

The G.A.P Band ne va pas obtenir un contrat de suite, il y aura d'abord plusieurs échecs. C'est grace à leur ami, chanteur/musicien DJ Rogers, qu'ils vont pouvoir rencontrer le businessman Lonnie Simmons, qui possède une boite de nuit et un studio d'enregistrement. Ce dernier signe le groupe sur son label.

Le single "Shake" de 1979 est un franc succès : il arrive à se classer dans le top 5 ! Le groupe est surtout réputé pour ses excellents uptempos funky au son assez unique (à l'image de "Party Train", "Early In The Morning" ou "Outstanding") qui auront une influence indéniable sur la génération d'artistes New Jack Swing (Outstanding sera très samplé, notamment par Blackstreet sur le très bon "U Blow My Mind"). Mais comme tout groupe funk fin 70's-80's qui se respecte, ils ont également dans leur répertoire de belles ballades quiet storm, comme "Yearning For Your Love".

Un groupe qui reste un des favoris de tout amateur de funk, de New Jack ou de R&B moderne.

En 1984, Ronnie devient pasteur. Charlie, considéré comme l'un des plus grands vocalistes de la musique black par certains, se lance dans une carrière solo et travaille avec Quincy Jones, Eurythmics, Ray Charles, Peebles, Aaron Hall, Avant ou même Snoop Dogg sur les très funky "Beautiful" et "Signs".

Grace à ses feat. avec Snoop Dogg, il s'est fait connaître du jeune public "urbain".
Ce n'est pas une surprise de retrouver R. Kelly, Black Eyed Peas et Justin Timberlake sur son nouvel album. Le 1er single "Charlie, Last Name Wilson" est une superbe production de R. Kelly. Ca rappelle un peu les prods de Kelly pour les Isley Brothers, avec le personnage de Mr. Biggs. La seule différence est qu'ici, Charlie n'a pas été relooké en conséquence, et même si son look est proche de Mr. Biggs, il a toujours arboré des chapeaux, ça ne date pas d'hier. Alors certes le clip est très encré dans l'univers du R&B actuel : belle villa avec piscine, belles filles. Ca n'en reste pas moins un très bon single. Libre à vous de juger en regardant la vidéo ci-dessous

Vidéo de "Charlie, Last Name Wilson"
Site officiel de Charlie Wilson

Ma sélection : Burn Rubber On Me (Why You Wanna Hurt Me)
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# Posté le samedi 02 juillet 2005 07:58

Modifié le samedi 02 juillet 2005 09:55

Luther Vandross : 1951-2005

Luther Vandross : 1951-2005
Luther Vandross est mort. Je viens de l'apprendre ce matin. Quelle triste nouvelle, je suis encore sous le choc car je pensais qu'il était guéri. Apparemment il est décédé d'une attaque cérébrale, à 54 ans. Après Aaliyah, Left Eye, Barry White, Ray Charles, Rick James... Luther Vandross. Ces dernières années, tous les plus grands de la black music disparaissent. C'est vraiment surprenant, tristement surprenant...
Quoiqu'il en soit, Luther Vandross restera à jamais le maître du Quiet Storm (avec Smokey Robinson)

R.I.P Luther :'(

# Posté le samedi 02 juillet 2005 04:28

[Playlist] Soulmasterz'TV

 Soulmasterz'TV
Omarion : Touch ==> Omarion ? L'ex-membre de B2K ? Beuuurk ! Cependant même si son album était loin d'être une réussite (je l'avais chroniqué sur Onlygroove), les quelques uptempos présents dessus (à l'exception du crunk) étaient plutôts bons, contrairement aux ballades qui étaient toutes dans un style très "mou du genou" et soporifique. "Touch" m'avait déjà bien plu à l'épôque. C'est une bonne prod des Neptunes. Ce qui est marrant avec les Neptunes c'est que j'aime souvent les chansons qu'ils produisent mais beaucoup plus rarement les artistes pour qui ils produisent. Omarion n'échappe pas à la règle, je suis loin d'être fan de ces chanteurs "à minettes" sans grand talent (ce qui ne veut pas dire non plus qu'il chante comme une casserole), mais il n'empêche que je trouve que ce "Touch" n'a rien à envier à n'importe quel single du dernier album d'Usher. C'est groovy et très efficace, et pour du R'n'B aujourd'hui, ça me suffit. Ca risque de beaucoup passer sur BET, mais c'est toujours agréable pour l'été.

Vivian Green : Gotta Go Gotta Leave ==> Vivian nous fait son grand retour. Plus sexy que jamais, plus commerciale ? Pas vraiment en fait. Une mélodie légèrement pop mais dans le bon sens du terme. Vivian ne s'est pas métamorphosée en crunk diva ou je ne sais quoi encore. Elle reste soul en nous offrant un très bon nouveau single, à la mélodie soignée et authentique, et ça suffit pour qu'on continue à l'aimer.

Jaguar Wright : Free ==> Comme je l'avais déjà dit dans mon article consacré à elle, ce titre risque d'être un des tubes R&B de l'été aux States. Dans la lignée du "Golden" de Jill Scott, il combine des paroles positivistes avec une mélodie rythmée et euphorique. Un titre qu'on a envie de fredonner encore et encore après l'avoir écouté. On attend l'album avec impatience !

Amerie : 1 Thing ==> Amerie recommence à refaire parler d'elle alors qu'on la croyait oubliée. En 2002, elle nous avait offert un bel album très smooth et même légèrement jazzy : en tout cas, bien plus soulful qu'on pourrait le penser. Cette magnifique afro-coréenne prend un virage à 180° par rapport au son précédent album, avec ce titre très "urban funk" voire "go-go music" comme disent certains. Au début je n'aimais pas du tout, la mélodie ne me plaisait pas trop mais j'ai plus accroché quand j'ai commencé à faire attention à l'instru, que je trouve très funky et franchement réussie. C'est du commercial certes, et le clip n'échappe à aucun cliché (sexyyyy!) mais ça reste le genre de R&B commercial que j'aime bien, et pourtant je deviens quasiment hermétique à ce genre depuis quelques temps. Et puis un peu de commercial de temps en temps ça fait pas de mal
Par contre il y a des chances que ce titre devienne vite lassant (ps : j'ai préféré la version sans Eve)

# Posté le vendredi 01 juillet 2005 18:22

Modifié le samedi 09 juillet 2005 05:52

Blow Maceo !

Blow Maceo !
On continue avec un autre saxophoniste, mais dont l'univers est radicalement différent, définitivement plus groovy et funky (bien que Maceo s'offre parfois quelques numéros smooth jazz, à l'image de "Song For My Teacher").
Maceo est bien connu des fans de funk, et ce n'est pas étonnant puisqu'il a joué avec les plus grands du genre : James Brown, George Clinton (Parliament et Funkadelic), Bootsy Collins et Prince (il fait toujours parti de ses musiciens, au même titre que Candy Dulfer). A noter qu'au moment où James Brown a été en prison, Maceo a écrit une chanson pour qu'on le libère.
Sa musique mélange jazz, soul et funk mais Maceo Parker refuse l'étiquette jazz : il dit que sa musique est 99% funk, 1% jazz et affirme n'avoir jamais été tenté par une carrière jazz, même s'il avait le talent pour.
Un musicien qui est bien loin d'être modeste, comme j'ai pu le voir sur scène (avec Candy Dulfer, excellente elle aussi) lorsqu'il a répété à plusieurs reprises "My Name is Maceo" !
Quoiqu'il en soit, pêché d'orgueil ou non, Maceo s'est bel et bien forgé un nom. Blow Maceo !

PS : Je ne connais pour le moment que les albums "Made By Maceo" et "School's In!".

Ma sélection :What You Know About Funk?
Bonus :
Song For My Teacher (comme j'ai un faible pour le smooth jazz... sublime morceau)

# Posté le vendredi 01 juillet 2005 17:17

Modifié le vendredi 01 juillet 2005 17:30

Grover Washington Jr. : Smooth Jazz as its Finest

Grover Washington Jr. : Smooth Jazz as its Finest
Grover Washington Jr. est un de ces artistes que l'on peut réellement qualifier de précurseur. Profondemment encré dans le R&B et dans la soul-jazz, il est aussi habile pour jouer du jazz "pur". Un saxophoniste dont l'influence reste énorme... et les puristes du jazz lui reprochent d'avoir été à l'origine de toute la génération d'artistes appelés aujourd'hui smooth jazz (voir article sur ce genre - page 5), et notamment d'un certain Kenny G. (à qui on le compare d'ailleurs assez souvent, honteusement).

Son père Grover Washington, étant déjà saxophoniste, c'est tout naturellement qu'il commence à jouer de la musique à 10 ans, et 2 ans plus tard, dans des clubs.
Il fait une tournée avec les Four Clefs (je ne sais rien d'eux...) de 1959 à 1963, et passe quelques années dans l'Armée.
Il s'installe à Philadelphia en 1967, travaille avec des musiciens tels que Charles Earland et Johnny Hammond Smith (encore une fois, ne me demandez pas qui ils sont, étant un total néophyte du jazz) et est signé sur le label Prestige.
Sa plus grande opportunité lui est offerte en 1971 quand Motown (eh oui!) fait appel à lui pour remplacer Hank Crawford pour enregistrer un album de reprises instrumentales. C'est ainsi que Grover va sortir son tout 1er album, "Inner City Blues", qui comprend des reprises de Marvin Gaye (ça n'étonnera personne), Ray Charles , Bill Withers ou même Gershwin. Cet album rencontre un très fort succès.

Par la suite, il se fait un nom grace à des albums comme "Mister Magic" (1975) ou "Winelight" (1980). Ce dernier inclut la collaboration désormais classique avec Bill Withers sur "Just The Two of Us" (la version album est beaucoup plus longue et contient beaucoup plus de passages instrumentaux que la version radio...).

Il fait les beaux jours de labels comme Kudu, Motown, Elektra ou Columbia et apparait en guest sur de nombreux disques, allant de la pop au jazz pur et dur. Mais il faut aussi rappeler qu'il s'autorise parfois à pousser la chansonnette (et plus que convenablement en plus) sur ses morceaux, comme sur le très beau "Be Mine (Tonight)".
Il meurt brusquement le 17 décembre 1999, à l'âge de 56 ans, alors qu'il enregistrait dans une émission sur CBS "The Saturday Early Show". L'année suivante sort le posthume "Aria".

En ce qui me concerne j'adore les albums "Winelight" et surtout "Come Morning" (tous deux parus en 1980, comme quoi il était très inspiré cette année), 2 véritables bijoux d'émotion, d'élégance, de volupté... de smooth jazz quoi.

Ma sélection : East River Drive
Artistes similaires : David Sanborn, Everette Harp, Kirk Whalum

# Posté le vendredi 01 juillet 2005 16:26

Modifié le mercredi 21 décembre 2005 15:47